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Entretien avec Antoine et Manuel

Antoine et Manuel

Antoine et Manuel, c'est une histoire qui a commencé juste après le baccalauréat, dans une école de préparation aux écoles d'art. Une histoire d'amitié, de moments vécus et partagés qui rapproche au point de devenir intime. Ces liens ne pourront qu'ouvrir la suite à une association graphique, un studio de création qui existe depuis 1993.

Parcours scolaire différent. Manuel fait les arts décoratifs de Paris, section design produit ; Antoine poursuit un parcours de styliste. Deux formations différentes qui se rejoignent pour donner la complémentarité du studio.

38, invitation été 2006 pour Christian Lacroix

38, invitation été 2006 pour Christian Lacroix

Lorsqu'on leur parle du graphisme français, les deux graphistes restent vague sur le sujet. Ils avouent ne pas être suffisament intégré pour avoir une vision ouverte. Ils confient néanmoins que d'apès eux, le monde du graphisme français est trop fermé, parfois même trop nombriliste. Cet remarque est d'autant plus valable lorsque l'on compare le graphisme en France à l'activité allemande, anglaise ou hollandaise.



L'inspiration du studio :


CCNT 2002 - Poster 60x80cm

L'inspiration, c'est pour Antoine et Manuel un cheminement universel, à la fois propre à chacun et commun à tous. Des images emmagasinés depuis l'enfance, mais surtout des sensations, des émotions et des souvenirs. Plus tard, avec du recul on leur donne une nouvelle forme. La famille, les amis et les rencontres donnent des repères, des motivations, des exigences.

Le cheminement créatif est pourtant quelque peu plus mystique. Pour Manuel, les motivations surgissent brusquement, sans se poser de question. Une image apparaît (« c'est magique ! »), et donne naissance à un croquis rapide. Puis vient le temps laborieux de la mise en forme, en essayant tant bien que mal de rester conforme à la sensation de départ, tout en l'affinant au fil de la réalisation.

Leur travaux sont riches et variés, beaucoup en relation avec les milieux artistiques et culturels : le centre chorégraphique de tours, Christian Lacroix, ou encore le CNDC. Pourtant, lorsqu'on leur parle de leur originalité, Manuel reste perplexe :

« Je n'ai pas l'impression que nos travaux se différencient nettement de la masse graphique. Au risque de vous paraître prétentieux, il semble même qu'il y ait une lourde tendance qui semble aller dans le même sens que certaines de nos productions anciennes.

Nous sommes effarés de voir à quel point la copie se répand. Les agences de pub ne se gênent pas pour proposer à leurs clients des visuels directement tirés de notre site, puis de faire réaliser des copies en interne.

Evidemment, le travail est vidé de sa substance, et cela dévalorise l'original. Et tous les graphistes indépendants sont dans le même cas que nous. »



Antoine+Manuel par l'exemple :


Antoine+Manuel par l’exemple

Avec le CNDC, nous sommes partis du corps, plus précisément de la physiologie, des organes, des fluides. Un corps déstructuré. Le logo, qui est en constante mutation, est une sorte de manifeste de cet esprit. Il prend des formes diverses, plus ou moins élastique, fluide, ou bien calcifié.

Nous avons une certaine liberté avec le centre national de danse contemporaine, car les gens avec qui on travaille nous font confiance et nous poussent à nous dépasser. Nous pouvons tenter d'aller dans une direction visuelle, puis l'abandonner, la reprendre plus tard.



Le document principal de la communication du CNDC est une brochure triple: 3 cahiers de taille croissante pris les uns dans les autres, le plus petit étant à l'extérieur. L'un est consacré aux aspects pratiques, le deuxième est consacré aux textes de fond, et le troisième, le plus grand, est destinée aux activités publiques. Cette brochure, appelée le CNDCjournal, paraît trois fois par an (automne, hiver et printemps). Elle contient des illustrations, liées à l'évolution de l'identité visuelle du moment. Le site internet suit aussi cette évolution.


Logo du Centre National de Danse Contemporaine d'Angers


L'identité visuelle, bien qu'elle évolue constamment, est constituée d'éléments fondamentaux : trames obliques en fond de page, police de caractère "Clairface", logo mouvant.

Nous avons développé "Clairface" spécifiquement pour ce projet à partir de la police "Clearface". Nous la retravaillons constamment, en lui donnant un caractère plus déséquilibré, plus nouille et décadent!

Depuis 2005, nous avons décliné clairface en pâte à modeler blanche, un peu comme des petits os. Le logo a évolué lui aussi en "os de seiche", et les illustrations ont suivi. Pour la prochaine année (2006-2007), nous allons continuer avec les petits modelages, en revenant vers les origines du CNDC, en donnant plus de chair à ces installations.



Antoine et Manuel, une citation :

« Les graphistes sont souvent bons. Les meilleurs sont ceux qui rencontrent lesbons clients. »



Informations :

Antoine+Manuel
Site : http://www.antoineetmanuel.com

Am-ccnt Am-cndc-logo Am-cndc Antoine-manuel

Publié le 23/05/2006


1 comments add yours
  • Picture of cath

    cath
    6 July

    article tres interessant, je connaissais deja le travail d'A&M;par le biais de leurs affiches pour la Comédie a Clermont-Fd et leur travail pour Yvon Lambert.
    A ceux qui trouveraient des similitudes entre eux et un autre duo frenchy (les M/M pour ne pas les nommer), je dirai que oui, c'est indeniable, une tendance s'est affirmée en France au début de années 90 qui allait vers un retour au lettres dessinées, aux compositions tres narratives et elaborees. Loin par exemple de la simplicité presque rigide de l'ecole suisse. Mais les tendances vont et viennent et si elles ne sont basées que sur un effet de mode ou de style, alors elles vieilliront tres vite.
    Ce qui fait plaisir dans votre entretien avec A&M;c'est qu'ils expliquent effectivement, que contrairement aux copistes, leurs formes on un vrai fond. Elles sortent certes de leur imagination et de leurs references visuelles mais c'est une histoire differente qui est a des annees lumieres de celle des copistes-bon-marché.
    S'inspirer est, je pense, une honnete facon de faire, au moins au debut. Cezanne copiait Delacroix. Il faut apprendre et comprendre comment les formes viennent, comment elles sont attachées a des concepts et s'empecher, comme dit Manuel, de faire de la carbone-copy comme certaines agences en panne d'idees.

    A ce propos lire le tres interessant article de M.Beirut sur le plagiat (en anglais ici: http://www.designobserver.com/archives/014444.html#more )

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James Jean
Les annees 50 a l’honneur