
Je regarde souvent les travaux des autres graphistes en me demandant comment ils ont réalisés leur création, pourquoi tel choix plastique, ou encore quel concept se cache derrière un visuel. J’ai donc pensé qu’il pouvait être intéressant de demander à un graphiste d’explique l’une de ses création, avec ses mots et sa façon de voir les choses.
Pour ce premier focus, c’est Julien (Bastardgraphics) qui nous explique l’une de ses dernières créations, F.E.A.R. Je lui laisse donc la parole pour la suite, en esperant que cela vous interessera tout autant que moi.

J’ai réalisé cette illustration à la demande des gens de chez Don’t Panic, qui voulaient que je participe à leur e-magazine. Le thême demandé était celui de la peur (Fear), qui est un thême interessant car il peut être traité de façon diverses.
J’ai ici travaillé directement sur du A2 300 dpi, car c’est le genre de format sur lequel je bosse toutes mes illustrations de ce type, celles qui mélangent du tracé illustrator à du travail photoshop. Cela me permet de les avoir en format suffisant en vue d’impressions grand format, pour des expositions notamment.
La base de départ à été la vectorisation sous flash du personnage (une photo de moi) en 3 ou 4 couleurs, ou plutot du noir et blanc + 2 niveaux de gris. On me pose souvent la question mais oui, je retrace mes photos essentiellement sous flash, pour le coté ludique qu’il apporte contraitement à illustrator, ainsi que pour la rapidité d’execution sous ce logiciel. J’importe ensuite mes tracés dans illustrator, une couleur par calques, que je sépare en 4 fichiers .AI différents, un par couleur.
J’ai ensuite bossé le tout sous photoshop. La création de mon fichier au format A2, l’importation des 4 couches, dont je n’ai gardé que le noir et le gris foncé au final, donc uniquement les tracés principaux ainsi que les ombrages bien marqués. Le reste s’est fait comme d’habitude de façon instinctive, tout en suivant l’idée que j’avais en tête dés le départ. Je fais généralement un croquis complétement basique (moche), quand l’idée me vient, et c’est très souvent dans mon lit juste avant de m’endormir. Le croquis est d’ailleurs difficile à déchiffrer pour quelqu’un d’autre que moi.

Je voulais travailler avec de la texture et divers élements pour cette illustration, c’est pour cela que j’ai choisis ce fond, qui à la base est une photo que j’avais prise d’un sol de parking poussiereux, et qui colle finalement bien avec la couleur originale du pull (gris chiné). Est venu ensuite s’ajouter l’illustration qui se situe à l’intérieur du sweat et qui part en fumée pour recouvrir tout le haut de l’image. C’est une travail que j’avais réalisé auparavant dans le même style que mon affiche pour le concours !Resist! et que je n’avais encore jamais utilisé. C’est une illustration “sombre” traitée de façon graphique, presque naïve, d’une ville engloutie par une explosion. Le grand format seul permet par contre de bien apprécier les détails : le décor déformé par la déflagration, les couches de fumée, les débris, la ville en silhouette, et cette fumée qui est finalement l’un des élements les plus importants dans la composition de ce poster. Je me suis beaucoup servi des superpositions, des effets sur les calques, des fusions en dégradé etc… pour réussir à marier l’illustration de cette ville avec celle du personnage, ainsi qu’avec les textures. Je voulais réaliser quelquechose d’intriguant, d’inquiétant, mais qui ne soit pas morbide pour autant, c’est pour cette raison que j’apporte toujours un soin particulier à mes courbes, aux harmonies et à la luminosité, pour que le visuel se situe à la frontière entre un thême inquiétant et un résultat visuellement agréable.
Au dela du thême de la peur, j’ai également travaillé autour d’un thême ,actuel par la force des choses, qui est celui de l’écologie. C’est de ce coté qu’il faut se tourner pour comprendre la signification du sang sur les mains du personnage, et du caractère dramatique de ce qui se trame derrière/en lui.
Enfin, la touche finale fut celle qui consista à ajouter les trainées de lumière dans le ciel, qui en plus d’apporter une 3e touche de style différent par rapport au coté “dessin” du vectoriel et du coté “photoshop” du fond”, permet de réaliser une transition en douceur entre la moitié inférieure de l’image et le haut qui était complétement noir, et trop sombre à mon goût.
Quand au titre “For Everything A Reason”, initiales F.E.A.R, il est tiré de la chanson du même nom par Ian Brown. C’est une phrase qui veut tout dire en elle même, et que j’ai eu en tête au moment de faire mon croquis.
Je travaille habituellement de cette façon pour certaines de mes réalisations actuelles, telles que ma série de portraits de chanteurs/producteurs, que je vais finaliser pour le premiere trimestre 2007. Apporter de la matière, de la texture à des visuels en vectoriel, parfois trop froids ou trop “digitaux” pour ce que je veux exprimer. Cela permet d’avoir des rendus plus proches de la peinture, surtout s’ils sont imprimés sur des papiers ou des médiums non lisses. Et photoshop est l’outil idéal pour ce type de travaux.
Julien Rivoire (Bastardgraphics)
http://www.bastardgraphics.com
http://www.wearekrafty.com









Fil des billets




06/07/2007
06/07/2007
06/07/2007
06/07/2007
Merci encore à tous !
06/07/2007